Assises africaines de l’intelligence économique : Le secteur privé veut un soutien par un dispositif étatique fort

La rédaction

Avec deux premières éditions à Casablanca au Maroc en juin 2016 et décembre 2017, et la dernière édition à Dakar (Sénégal) en 2018, les Assises Africaines de l'Intelligence Économique se sont imposées comme le rendez-vous incontournable de la communauté de l'IE en Afrique. Pour cette 4ème édition, les Assises Africaines de l'Intelligence Économique ont eu lieu à Abidjan sur trois jours, durant la Semaine de l'innovation, à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire.

L’édition 2019 a accueilli une trentaine d’experts et praticiens de la discipline issus de plusieurs pays francophones : Sénégal, Mali, France, Burkina-Faso, Congo, Gabon, Maroc et Tunisie.

Les débats ont été ponctués par deux belles soirées. La première, aux couleurs de la Côte d’Ivoire, offerte au nom de Gouvernement par le Ministre auprès du Premier Ministre, chargé de la Promotion de l’Investissement Privé et le CEPICI, a présenté de très belles prestations d’intelligence culturelle, artistique et musicale. La seconde soirée, dédiée à la francophonie à la Résidence de France, a permis aux participants de partager et réseauter.

L’ouverture des Assises a permis de souligner la nécessité de renforcer les pratiques existantes en matière d’intelligence économique en Côte d’Ivoire avec la mise en place d’un dispositif national d’IE, le renforcement des compétences des équipes en place, le besoin de coordonner les différents acteurs par une agence placée au plus haut niveau de l’Etat.

Des retours d’expérience sur les dispositifs étatiques au Sénégal et en République du Congo ont permis de conforter ce constat. Plusieurs retours d’expérience d’entreprises privées ont fait ressortir la nécessité d’un soutien étatique fort, avec la mise en place d’un organisme en charge de l’intelligence économique ou de la sécurité économique (selon le vocable retenu) au plus haut niveau de l’état, Primature ou Présidence de la République.

Des tables rondes sur l’état de l’art de l’intelligence économique en Côte d’Ivoire puis en Afrique ont permis aux acteurs privés de présenter leurs méthodes et outils de veille, mais également d’aborder, au-delà de la veille, des points de vigilance comme l’extraterritorialité, l’arbitrage international ou propriété intellectuelle.

Une table ronde sur l’intelligence économique, le numérique et l’intelligence artificielle a permis de définir les limites entre la valeur ajoutée humaine et la place des outils issus des technologies de l’intelligence artificielle dans les dispositifs d’intelligence économique et plus particulièrement de veille.
Une visite du Centre de Gestion Intégrée et de veille du Ministère des Transports a d’ailleurs bien illustré les propos issus des différentes conférences. 

 «La francophonie apparaît comme une troisième voie possible en matière d’intelligence économique entre l’approche états-unienne et la vision chinoise. Notre langue commune et derrière elle notre approche francophone d’aborder l’information et les sciences qui y sont abordées nous parait une force pour présenter un modèle efficace d’aide à la décision : l’intelligence économique francophone», souligne François Jeanne-Beylot, Secrétaire général des Assises.

Lors d’un atelier collaboratif, les participants ont tenté de définir les spécificités africaines de l’intelligence économique. La solidarité, l’approche culturelle voire traditionnelle, la résilience, la redevabilité, le poids de l’informel, le conformisme, la proximité ou encore une approche temporelle particulière ont notamment été évoqués.

 A l’issue des Assises, «il semble nécessaire d’intégrer et de prendre en compte tous ces critères pour contextualiser l’intelligence économique sur le continent africain pour en faciliter sa compréhension par tous et son adhésion par chacun», a conclu François Jeanne-Beylot
Pathé TOURE


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